La démocratie ne s’effondre pas. Elle se retire

par | 10/04/2026 | Non catégorisé | 0 commentaires

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On attend encore l’événement fondateur. Le coup d’État, la nuit des longs couteaux, l’heure H à partir de laquelle on pourra dater le basculement. Et pendant qu’on attend, quelque chose se passe, lentement, dans la texture même de nos sociétés.

Les démocraties ne meurent plus d’un seul coup. Elles se vident.

Ce qui disparaît en premier, ce n’est pas la forme, les élections continuent, les constitutions restent en place, les débats ont lieu. Ce qui disparaît, c’est la substance : la conviction que les institutions servent quelque chose d’autre que les intérêts de ceux qui les occupent. La croyance que le vote change vraiment les choses. Le sentiment que la parole publique a encore un lien avec la réalité.

On appelle ça la désillusion. Moi j’appelle ça un effondrement — au sens précis du terme : une structure qui tient encore debout mais dont les fondations ont cédé.

Ce qui me frappe le plus, ce n’est pas que des gens votent pour des partis autoritaires. C’est la vitesse à laquelle chaque transgression devient acceptable. La banalisation fonctionne par étapes : hier inimaginable, aujourd’hui choquant, demain discutable, après-demain normal ! Le cadre de l’acceptable glisse, et nous glissons avec lui, souvent sans nous en rendre compte.

La Boétie avait une intuition fondamentale : le tyran n’a pas besoin de forcer la servitude. Il lui suffit que les gens cessent de vouloir être libres. Pas qu’ils veuillent être esclaves, simplement qu’ils cessent de résister. Qu’ils trouvent plus pratique, plus confortable, moins coûteux de s’accommoder.

Ce n’est pas de la lâcheté. C’est de l’épuisement.

Et c’est là que ça devient intéressant : si la servitude naît de l’épuisement, alors la résistance commence peut-être par quelque chose d’aussi simple que de rester lucide. De ne pas normaliser. De nommer ce qu’on voit, même quand nommer est inconfortable.

NOUS L’AVONS VOULU est né de cette conviction : écrire sur le consentement politique n’est pas un geste désespéré. C’est un geste de clarté. Et la clarté, même partielle, même inconfortable, est une forme d’action.

Nous n’avons pas l’excuse de l’inimaginable.

— Didier RAMON | NOUS L’AVONS VOULU, Éditions effondrements.site

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Couverture NOUS L'AVONS VOULU

Auteur Didier RAMON

Auteur français de la collection de nouvelles EFFONDREMENTS. Je suis auteur de fiction spéculative, explorant les thématiques d'effondrement sociétal à travers une série de récits immersifs. Inspiré par les travaux d'Yves Cochet sur la collapsologie, mes nouvelles examinent les multiples façons dont notre monde pourrait changer radicalement et comment l'humanité pourrait s'adapter face à ces bouleversements. Ma démarche littéraire vise à provoquer une réflexion sur notre rapport au monde actuel tout en offrant des perspectives d'espoir au sein de futurs alternatifs.

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