Didier RAMON — Effondrements
Didier RAMON — Effondrements
Le 24 avril, la France avait déjà épuisé sa part de planète pour l'année.
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Bienvenue dans la newsletter des Éditions effondrements.site. Chaque semaine, trois posts pour penser l’effondrement et traverser le présent.

→ 1/3 Lundi : l’œil sur le monde (le point de départ, une information)
→ 2/3 Mercredi : dans les pages d’un livre (le nôtre ou celui d’un autre)
→ 3/3 Vendredi : la réflexion longue.

📅Cette semaine : La planète ne négocie pas. Vous lisez le post 1.

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Le 24 avril 2026, la France a atteint son “jour du dépassement” écologique, avant l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne. Concrètement : si le monde entier vivait comme les Français, toutes les ressources que la Terre est capable de régénérer en un an seraient épuisées à cette date. Le quatrième mois n’était pas terminé.

Cinq jours plus tard, Copernicus publiait son rapport annuel sur le climat en Europe. Le tableau : 95 % du continent a connu des températures au-dessus des normales en 2025. Certaines régions — Royaume-Uni, Norvège, Islande — ont vécu leur année la plus chaude depuis le début des mesures. La France, sa quatrième. Et l’Europe, dans son ensemble, se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

Deux fois plus vite.

Ce chiffre mérite qu’on s’arrête. Pas pour s’affoler. Pour comprendre ce qu’il dit :

le continent qui s’est industrialisé en premier, qui a exporté ce modèle au monde entier, est aujourd’hui celui qui absorbe le plus vite les conséquences de ce choix. Il n’y a pas d’ironie là-dedans — il y a une logique.

J’écris sur l’effondrement depuis des années. Dans Les deux crues — la première nouvelle d’Effondrements 3 — j’ai mis en regard deux civilisations : le Croissant fertile d’Akkad, il y a quatre mille ans, et notre présent. La leçon que la paléoclimatologie tire de l’effondrement d’Akkad vers 2200 avant notre ère est troublante : la déforestation, la salinisation des sols, la surexploitation des ressources — ces problèmes que nous croyons modernes étaient déjà à l’œuvre. Et les élites d’Akkad, selon les historiens, ont d’abord nié les signes.

Vendredi 24 avril. 95 % du continent. Deux fois plus vite.

Le thermomètre ne négocie pas.

[Mercredi : entrez dans Les deux crues — un récit qui commence par une tempête de sable dans un Croissant fertile devenu aride, et finit par une question sur ce que nous allons transmettre.]

Didier RAMON

Penser l’effondrement pour traverser le présent.Éditions effondrements.site

Effondrements 3 — Éditions BoD — [https://amzn.eu/d/0g5GyVTb]

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