Didier RAMON — Effondrements
Didier RAMON — Effondrements
La religion est partout dans la politique. Et 37% des Français n'en ont plus. Ce paradoxe n'est pas une contradiction.
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Bienvenue dans la newsletter des Éditions effondrements.site. Chaque semaine, trois posts pour penser l’effondrement et traverser le présent.

→ 1/3 Lundi : l’œil sur le monde (le point de départ, une information)
→ 2/3 Mercredi : dans les pages d’un livre (le nôtre ou celui d’un autre)
→ 3/3 Vendredi : la réflexion longue.

📅Cette semaine : Réinventer notre humanité — l’effondrement spirituel et la quête de sens. Vous lisez le post 1.

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Il y a deux faits qui semblent se contredire, et qui disent en réalité la même chose.

Premier fait : en France, 37% de la population se déclare sans religion en 2025 (IFOP). 34% des adultes français ont quitté la religion dans laquelle ils ont grandi, une proportion qui monte chaque décennie depuis quarante ans (Pew Research, mars 2025). Cette désaffiliation est tranquille, individuelle, sans grand récit.

Deuxième fait : Pete Hegseth, Secrétaire à la Défense de l’administration Trump, dit à ses soldats que la guerre contre l’Iran est une ”guerre sainte”. Des conseillers évangéliques à la Maison-Blanche cadrent le conflit en termes apocalyptiques. En Europe, l’extrême droite mobilise le christianisme non comme une foi vécue mais comme un bouclier identitaire contre l’islam.

Ces deux phénomènes semblent opposés. Ils sont les deux faces du même effondrement.

Ce n’est pas nouveau. Le 16 septembre 2001 — cinq jours après les attentats — George W. Bush avait glissé le mot ”croisade” pour désigner la guerre en Afghanistan. Le scandale diplomatique avait été immédiat. Il s’était rétracté en 48 heures. En 2001, ce mot était encore une bourde, une transgression qu’on devait corriger.

Vingt-cinq ans plus tard, la même rhétorique est une politique assumée. Ce qui choquait est devenu ordinaire. La fenêtre d’Overton a glissé.

Quand le cadre de sens s’effondre, deux réponses émergent.

  • La première : “la quête” — chercher autre chose, sans certitude, dans la fissure entre les dogmes.

  • La seconde : “l’arme” — prendre le nom de la religion et le retourner en identité tribale, en justification de la violence, en mur contre l’autre.

L’une dit : les questions valent mieux que les certitudes.
L’autre dit : notre Dieu contre votre Dieu.

C’est dans ce carrefour exact que Thomas se trouve dans “L’écho du silence” (Effondrements 1). Il ne peut plus croire au Dieu qui surveille et punit. Mais il ne peut pas non plus rejoindre ni le nihilisme de la désaffiliation silencieuse, ni la brutalité de la religion instrumentalisée. Il cherche une troisième voie. Fragile, incertaine, honnête.

Mercredi : la scène où Thomas pose enfin la question qu’il n’avait jamais osé formuler.

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Penser l’effondrement pour traverser le présent.Éditions effondrements.site

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